Quand la vigne se veut “branchée” pour lutter contre le gel

Questions à Daniel Seguinot, vigneron situé à Maligny, à 8 kms au nord de Chablis.

Maligny est un des 19 villages qui font partie de l’appellation Chablis, mondialement reconnue.

Pouvez-vous nous dire quel a été l’épisode de gel le plus important que vous avez subi ces dernières années et avec quelles conséquences ?

Le plus violent, c’était en 2017 avec des températures qui sont descendues dans certains secteurs jusqu’à – 9 degrés. La récolte a été détruite à quasiment 100%.

Depuis des années, vous avez utilisé différents systèmes de protection contre le gel : l’aspersion, le fuel pulvérisé et les bougies. Pourquoi avoir décidé de changer pour le câble chauffant SENOWATT® de Prysmian ?

Mon neveu a été le déclencheur. Il avait installé des câbles sur son vignoble et il y a eu une panne de secteur. On a vite constaté que les parties protégées n’avaient pas souffert alors que les autres avaient été considérablement endommagées. Ça a tout de suite fait un déclic et je me suis dit que c’était la solution de l’avenir.

Quand on compare à tous les autres moyens existants : les bougies, le fuel pulvérisé ou l’aspersion, c’est de loin la solution la plus propre et la plus efficace.

Dans le chablisien, après une nuit de protection par le chauffage habituel, on ne voit pas le soleil se lever tellement le nuage de pollution est présent ! Ces solutions étaient acceptées mais on ne peut plus se contenter de ça. Surtout si on veut être plus respectueux de son environnement et de son voisinage.

Est-ce que le fait que ce câble chauffant puisse être installé à demeure dans le vignoble a été un élément important dans votre choix ?

Oui, incontestablement. Les bougies, par exemple, nécessitent entre 2 à 3 heures de travail à l’hectare pour la mise en place à 3 ou 4 personnes. Le câble est imbattable ! Nous avons réalisé nous-même l’installation du câble. Cela nous a pris une grosse semaine, mais c’est installé pour 25 ans. Prysmian nous donne une garantie sur le câble de près de 30 ans donc je peux vous dire que ce n’est pas moi qui les enlèverai !

De plus, entre la main d’œuvre et le prix d’achat, sans parler du stress, il n’y a pas de comparaison possible. 

Comment s’est déroulée l’installation du câble dans le vignoble ? Vous avez fait appel à un professionnel ?

L’installation du câble s’est déroulée sans soucis, avec nos équipements traditionnels. 

Le plus long a été la fixation sur le fil de travail, qu’on appelle le fil de « baissage ». Là, il faut que le câble soit bien tendu, que la baguette de la vigne soit bien en contact avec le câble qui la réchauffe.

Quand il a fallu connecter au réseau, via une armoire électrique, on a travaillé avec un installateur partenaire – Laurin Électricité – qui connait bien ces installations. Il a mis en place les sécurités et les différentiels afin que tout soit dans les normes. Cette solution peut également fonctionner via un groupe électrogène. Cela consomme un peu de fioul, mais cela reste incomparable par rapport aux autres techniques de chauffe. 

On a choisi de faire une installation fiable et garantie dans le temps, avec des câbles d’alimentation enterré dans le sol. Certaines exploitations ont opté pour des systèmes que l’on branche et débranche en fonction des besoins mais à force, ça finit par créer des mauvais contacts et provoquer des perturbations sur l’installation.

Est-ce que ce nouveau câble sur votre vignoble vous oblige à changer vos habitudes de travail ?

Pas du tout ! C’est exactement comme d’habitude. Quelqu’un qui a l’œil va voir les arrivées de câbles mais dans la végétation on ne le voit même pas. 

Si l’un de vos confrères vignerons vous demandait votre avis pour lutter contre le gel, quel conseil vous lui donneriez aujourd’hui, avec votre retour d’expérience ?

Il n’y a pas à hésiter une seconde. Certes, ça fait un travail conséquent au moment de la mise en place, mais après, quelle facilité d’emploi et quelle économie !

On sait qu’il va y avoir de la gelée, on prévoit 2 ou 3 degrés au-dessus, on appuie sur le bouton du groupe électrogène et l’on va se coucher. 


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