Post-Covid : le point sur le marché de l’électricité

Francis Rouet, Responsable Marché Energie du SYCABEL (Syndicat professionnel des fabricants de fils et de câbles électriques et de communication) nous parle de la filière des fabricants de câbles au lendemain de la crise du Covid. 

Quelques semaines après la sortie du confinement, quel état des lieux pouvez-vous faire de la filière électrique en France ?

La filière électrique, comme l’ensemble de l’économie française et de nos concitoyens, se réveille de cette douloureuse parenthèse. La filière compte 30 000 entreprises de toutes tailles réparties sur tout le territoire. 

Les entreprises des industries représentées par la FIEEC qui étaient en mesure de le faire ont fait preuve d’une mobilisation admirable pour assurer la continuité des secteurs stratégiques, engageant pour certaines une politique de réorientation de leurs outils productifs afin de répondre à l’effort de solidarité nationale sur les produits en tension.

Pendant deux mois l’activité de nos adhérents (SYCABEL) a été limitée mais ils ont su s’organiser pour réduire l’impact sur l’emploi et permettre à leurs collaborateurs de poursuivre leur travail dans le respect des gestes barrières.

Les membres du SYCABEL se sont fortement mobilisés dès le début de la pandémie pour garantir l’approvisionnement des secteurs sensibles de l’économie.  Ainsi ont-ils permis aux réseaux de transport et de distribution d’énergie électrique et aux réseaux de télécommunications d’assurer les services qui étaient nécessaires à la bonne marche du pays.

Elles ont ainsi pu continuer de produire des câbles et des matériels de raccordement d’énergie et de communication.

Il est à souligner aussi que nos adhérents par leur implantation géographique ont su montrer leur flexibilité et par leurs circuits courts que cette industrie joue un rôle important dans l’emploi et la stabilité de sourcing en France.

Enfin s’il en était besoin la crise sanitaire a mis en exergue l’importance vitale de l’accès à l’énergie et plus particulièrement de l’électricité et de l’accès à internet et des usages numériques. Les câbles sont les veines et les artères de nos économies et cette crise a montré la place prépondérante des infrastructures quelles soient d’énergie ou de communication pour notre pays.  Nous voyons donc que nous avons un rôle majeur à jouer dans le fonctionnement de notre société.

Le marché a-t-il beaucoup souffert de cette période d’arrêt ?

Selon les marchés et les mois de confinement, les entreprises ont vu leur activité baisser entre 30 et 70%. Heureusement les grands donneurs d’ordre publics ont su accompagner nos adhérents et peu de sites ont dû s’arrêter.

Les chantiers ont-ils repris au même rythme qu’avant la crise ?

L’activité des chantiers est très dépendante des secteurs d’activité. En infrastructure Haute tension, où la coactivité a pu être plus facilement organisée, les chantiers se sont peu arrêtés. En revanche à l’autre bout de la chaîne de distribution électrique, dans la construction, l’impact de la crise sanitaire a été plus fort et l’activité reste encore fragile à l’image de ce qu’annonce le BTP. (la FFB annonce 78% des chantiers en activité normale).

Il y a-t-il une différence entre le marché du neuf et celui de la rénovation ?

Oui, car ce ne sont pas les mêmes contraintes. Nous pouvons évoquer les procédures administratives à respecter et les délais en conséquence. A écouter nos partenaires, cela a certainement joué sur la reprise plus ou moins rapide des chantiers. D’un autre côté la crainte du Covid a aussi ralenti des rénovations chez des particuliers ce qui pouvait se comprendre.

A contrario, certains chantiers ont pu être menés dans des établissements publics fermés en raison du Covid, comme ceux dans les écoles. Il faut aussi souligner le travail mené par l’OPPBTP pour permettre la reprise des chantiers.

Aujourd’hui il est certain que le neuf tarde à reprendre et que le décalage des mois de confinement se fait ressentir.

La rentrée s’annonce décisive pour de nombreux secteurs d’activité, que disent les indicateurs ?

Selon les secteurs, la visibilité est plus ou moins bonne.

Dans les réseaux d’infrastructure, nous sommes plutôt sur une activité presque revenue à la normale et notre collaboration active avec RTE et Enedis pendant la crise du Covid19 nous a permis d’accompagner nos entreprises et il n’y a pas eu de rupture de produits. Et aujourd’hui tous les produits sont disponibles.

Pour le BTP, la livraison des câbles se faisant en général 8 à 10 mois après la mise en chantier l’impact sur la vigueur de la reprise se verra plus tard. La FFB estime que le bâtiment aura perdu 18 % de son activité, en volume sur l’ensemble de l’année 2020.

Pour certains secteurs, c’est paradoxal. Alors que la demande d’infrastructures de communication est croissante, et qu’un plan existe, nos adhérents ont vu leurs livraisons de câbles à fibre optique diminuer drastiquement. Au même moment, les statistiques douanières révèlent une explosion des importations – notamment en provenance de la Chine et de la Corée du Sud.

Comment percevez-vous la fin de l’année 2020 pour la filière électrique ?

Sans nouvel épisode sanitaire, qui pourrait être catastrophique, la fin de l’année semble bien engagée. Pour les travaux d’infrastructure d’énergie les voyants ont l’air de tendre au vert, pour le BTP, la visibilité sera meilleure à la rentrée. La FFB formule l’hypothèse d’une activité sur les quatre derniers mois de l’année de 95%. Certains voudront peut-être rattraper les chantiers mis en attente. Ce qui peut dimensionner l’activité de nos adhérents pourra être la disponibilité de la main d’œuvre sur les chantiers.

Quels conseils pour tous les professionnels de la filière électrique ?

Continuer de respecter les geste barrières, et de protéger leurs collaborateurs, à chacun de respecter les guides et consignes mis en place par leurs organismes avant tout. Les membres du SYCABEL ont tout mis en place pour garantir la disponibilité des câbles.


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