Marcello Del Brenna : Nouveau CEO Europe du Sud

Le groupe Prysmian, leader mondial sur le marché de la fabrication des câbles d’énergie et de télécom, vient d’accueillir son nouveau CEO région d’Europe du sud. Marcello Del Brenna quitte le Royaume-Uni, où il occupait déjà le poste de CEO et succède à Laurent Tardif à la Direction du périmètre qui regroupe la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, la Tunisie, la Côte d’Ivoire et l’Angola. Arrivé chez Prysmian (ex-Pirelli) en 1993 avec son diplôme en poche, Marcello Del Brenna n’a depuis pas quitté le groupe. Après l’Italie, l’Australie, la Finlande, le Brésil et le Royaume-Uni, il pose ses valises en France pour son 5ème poste de CEO.  Il nous confie sa vision du marché, du contexte et des enjeux à venir.  

Covid, pénurie des composants, crise de l’énergie… vous arrivez dans une période pour le moins chahutée. Quel est votre état d’esprit?? 

Il est excellent. Quand on fait partie des leaders mondiaux, comme Prysmian l’est dans le domaine des câbles, les situations complexes sont celles qui donnent le plus d’opportunités de différenciation. En tant qu’industriel majeur, Prysmian a le devoir de trouver les meilleures solutions. Ce qu’il faut avoir en tête, c’est que, dans ce contexte, la meilleure option à l’instant T ne l’est pas forcément à moyen ou à long terme.  

Il faut donc être en capacité d’observer le marché et de savoir continuellement se remettre en question?; une adaptabilité devenue indispensable de nos jours.  

Cela nécessite d’être en état d’alerte constructive constant. Nous pouvons le faire au niveau du groupe mais, pour être efficace, il faut également le faire avec nos clients et fournisseurs. Il est nécessaire de construire des relations solides en amont et en aval pour permettre à la Supply Chain d’être flexible et agile.  

Travailler en envisageant la chaîne de valeur dans son ensemble, c’est une nouvelle façon d’appréhender les relations?? 

Les situations singulières, comme celle que nous venons de connaître, obligent les marchés à échanger pour s’adapter. Dans des périodes de crise, il faut trouver des solutions qui conviennent à tout le monde. Il est nécessaire de conserver l’équilibre de la chaîne de valeur car un acteur qui disparaît, c’est toute une économie qui est impactée?!  

Notre modèle, en tant que 1er câblier mondial, n’est pas un modèle opportuniste. C’est au contraire un moyen de renforcer nos liens.  Nos relations clients et fournisseurs existent depuis longtemps et doivent s’inscrire dans la durée. Il faut augmenter le niveau de confiance général. Mais attention, nous devons modifier nos échanges, non pas avec l’idée de dispositifs temporaires, mais trouver des alternatives qui pourraient rester valables dans le temps, après la crise.  

En résumé, il faut de l’agilité, pour être capable de remettre en cause les choix aussi souvent que nécessaire, et de la perspective, pour envisager des solutions globales et durables sur le long terme. L’équation n’est pas simple?? 

 Ce sont des défis, c’est certain, mais nous avons à les relever dans un contexte favorable. L’électrification, le développement des énergies durables, la révolution du digital sont des évolutions macro-économiques fortes, dans lesquels Prysmian est leader.  

Nous nous devons d’être proactifs en termes de différenciation du marché, d’innovation… 

Sur la question des marchés, justement, comment voyez-vous l’évolution de la partie énergie?? 

Nous faisons face à une augmentation accrue de la demande en câbles d’énergie. Nous suivons bien sûr l’évolution des besoins. Mais pour y répondre, il n’y a pas qu’une question d’augmentation de la capacité de production. Il y a également des dimensions «?délivrance des permis?», «?mise à disposition de la main d’œuvre?» qui nous échappent et qui peuvent être des obstacles temporaires. 

Ce qu’il est important de noter c’est que de notre côté, on ne prend pas de raccourci sur la qualité, variable Sine qua non

 

Et pour les télécoms?? 

Le marché télécom est un marché beaucoup plus dynamique et fluctuant que le marché de l’énergie avec des variations beaucoup plus violentes.  

La France a été l’un des premiers pays à déployer l’accès au très haut débit sur son territoire. Le programme étant fini, nous allons avoir une réduction de la demande sur ce marché. Si on regarde au niveau européen, le niveau de maturité n’est pas le même. Les pays n’ont pas déployé leurs programmes en même temps. Le marché des télécommunications est encore très prometteur sur la zone Europe. La force de notre groupe, grâce à nos capacités de production, est de pouvoir répondre aux besoins de ces pays avec réactivité.  

En complément des câbles, nous développons également des solutions pour permettre aux foyers d’être connectables (boitiers…).  

Quels sont les enjeux pour Prysmian à court terme??  

Dans un premier temps, nous devons élaborer notre plan à 3/5 ans pour être sûr que les investissements réalisés actuellement sont bien ceux qui permettront de répondre aux besoins à venir de nos clients.  

Investissements en capacité bien sûr mais aussi, en nouveaux produits, dans l’environnement de travail, …  

Et à long terme?? 

Le développement durable va de plus en plus déterminer notre futur. Il sera le facteur principal du maintien de la rentabilité de la société à long terme. Nous voulons être une société active sur le sujet.  

Ce que je produis est un élément contributeur aux objectifs de développement durable de mon client et ce que j’achète doit participer à mes propres ambitions par rapport à la préservation de notre planète, ainsi que celles de mon client et ainsi de suite. 

Le développement durable ira donc à la vitesse du plus lent. C’est important que l’ensemble de la chaîne de valeur s’aligne et que tout le monde aille à la même vitesse, y compris au niveau réglementaire et politique. Il faut là aussi conserver le même équilibre.  

La prise de conscience sociétale en faveur de l’environnement est assez semblable à celle concernant, il y a des années, la question de la santé au travail. Je me souviens, au début des réflexions sur le sujet, on se demandait quel était l’ordre d’importance entre la productivité et la santé au travail. On pensait qu’il fallait faire un choix entre les deux. Au final, on s’est rendu compte que c’était un driver. Il n’y a pas à choisir car l’un aide l’autre. Au lieu que cela soit une contrainte, c’est un amplificateur. C’est le même principe qui est en train de se passer pour l’environnement.  

Comment cela s’exprime-t-il chez Prysmian Group?? 

L’ambition de Prysmian Group est d’être l’un des principaux acteurs technologiques de la transition vers l’utilisation de sources d’énergie renouvelables et vers une économie décarbonée et numérisée. 

Nous avons déjà des produits ou des démarches respectueuses de l’environnement, le P-laser, câble moyenne tension totalement recyclable, l’élimination du plomb dans les gaines PVC, la suppression de l’huile pour les câbles sous-marins, … de nombreuses innovations sont en cours de développement. 

Nous avons également développé un critère qui nous permet de tracer l’empreinte carbone de tous nos produits.  

La thématique du développement durable devient l’axe principal de développement de nos produits et de l’innovation. 

D’un autre côté, notre implication peut également se traduire par le fait que le produit développé impacte l’empreinte carbone de l’application?qui en est faite. 

Les câbles du German Corridor ou ceux des chantiers de raccordement des éoliennes off-shore sont de bons exemples. Cela donne des idées à d’autres. Le câble souterrain est aujourd’hui envisagé comme une solution viable pour résoudre des problèmes de transmissions sur des longues distances. C’est une opportunité.  

  

Recruter de nouveaux talents est aujourd’hui assez compliqué, en 3 mots, pourquoi rejoindre le groupe Prysmian?? 

Le marché des câbles n’est pas très sexy mais Prysmian a des caractéristiques attractives. C’est un groupe international qui offre des contenus techniques intéressants avec des opportunités dans les 2 principaux axes de développement économiques actuels c’est-à-dire l’énergie green, l’électrification et la digitalisation.  


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